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Laurianne Melierre : indépendante, dans tous les sens du terme

Laurianne Melierre ne se laisse dicter sa vie par personne. Alors qu’elle se destinait, plus jeune, à une carrière de biologiste, elle a depuis fait volte-face pour investir le paysage médiatique français, où elle décrypte pour de nombreux supports les phénomènes de société. Nous nous sommes entretenus avec elle, entre Zürich et Paris.

  

Ultra polyvalente, Laurianne Melierre ne ressemble à personne. Journaliste de presse, chroniqueuse TV, entrepreneuse, passionnée de mode et fine gastronome (entre autres), la Parisienne goûte et touche à tout.

 

Après 6 ans à occuper des postes à responsabilité auprès de médias de renom, elle décide en 2017 de fonder son entreprise de rédaction et de poursuivre sa trajectoire médiatique selon ses propres termes.

  

Cela fait maintenant 3 ans que je suis indépendante, ce qui signifie que je n’ai pas de patron.ne. Mais ça n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire.

  

« On idéalise parfois la liberté des entrepreneurs et chefs d’entreprise, mais ne pas avoir de supérieur, c’est aussi ne pas être félicité lorsque le travail a été bien fait, ou encouragé dans les moments difficiles. On est souvent plus exigeant envers soi-même qu’envers les autres », nous dit-elle depuis ses bureaux parisiens, via Google Hangouts.

 

« J’ai tendance à viser haut, tout en étant très exigeante. Je suis donc souvent insatisfaite. Mais c’est aussi ce qui me motive à toujours essayer de faire mieux. »

 

Pourtant, avec la désormais solide carrière qu’elle s’est forgée dans les médias et le monde de l’entrepreneuriat, on serait tentés de penser que son jugement est un peu sévère.

  

Laurianne Melierre chronique sur Canal+, anime un podcast, écrit des articles pour la presse, anime des talks et modère des tables rondes. Elle dirige également PLUME, son agence de rédaction, où elle et ses équipes de journalistes, d’écrivains et de poètes collaborent avec des marques comme Estée Lauder, Nike, American Vintage, Lacoste, Levi’s, Sonos, ou des personnalités comme Serena Williams et David Beckham, pour ne citer qu’eux.

 

Archétype de la créative moderne et engagée qui ne tient pas en place, cette passionnée, que l’on aperçoit souvent Cloudnova aux pieds (avec leur silhouette élégante et ses technologies issues du running), a fait de l’agilité sa marque de fabrique. Des bureaux de son agence aux plateaux de télévision, en passant par ses rendez-vous en ville ou ses séances de sport, elle parcourt la ville au volant de son vélo, qu’elle ne quitte jamais.

     

Peu après sa rencontre avec Roger Federer pour dévoiler la ROGER Centre Court, première basket inspirée du tennis et développée en collaboration avec le Swiss Maestro, nous avons discuté avec cette Parisienne à l’influence exponentielle, curieux de savoir ce qui la faisait vibrer.

      

 

Bonjour Laurianne, peux-tu nous parler de ton parcours ?

  

« Je n’ai pas suivi un parcours classique de journaliste. Je projetais même de devenir biologiste, ce qui rassurait mes parents. Pourtant, quand l’heure est venue de choisir mon cursus, j’ai réalisé que ma passion avait toujours été de raconter des histoires, qu’il s’agisse de textes ou de paroles. Je me suis donc tournée vers l’écriture, et le journalisme. »

 

« En parallèle de mes études à L’Institut des Médias de Lyon, où j’ai passé 4 ans, j’ai effectué des stages dans des galeries d’art et des magazines, notamment Glamour, où j’ai fini par rester plus de 3 ans. L’année de mon diplôme, je travaillais à mi-temps pour Glamour, à Paris, et vivais à Lyon pour mes études. C’était intense, mais j’adorais déjà ce rythme de vie effréné. Cette période a été très formatrice et a contribué à la façon particulièrement organisée que j'ai aujourd’hui d'exercer mon métier. »

 

Mes premiers stages m’ont transmis ce goût de l’effort nécessaire à mon métier. Je sautais sur chaque nouvelle opportunité et étais curieuse de tout. Tout ce que je voulais, c’était travailler le plus possible, et le mieux possible.

 

Ce qui ne l'empêche pas de porter un regard critique sur le milieu pour lequel elle s’est prise de passion.

 

« Le paysage médiatique français est à l’image des lieux de pouvoir occidentaux : plutôt bourgeois, généralement masculin, majoritairement blanc et socialement homogène. À mes débuts, en stage, j’essayais de me fondre dans le décor. Comme si mes origines modestes, mon enfance provinciale ou ma couleur de peau (je suis métisse franco-camerounaise) étaient des tares à dissimuler. C’est en gagnant confiance en moi, en mon travail et en mes compétences que j’ai réalisé que ce que je prenais pour des failles était en réalité mes forces. »
 

Je me suis rendu compte qu’être différente et que ne pas faire partie du sérail était une richesse à cultiver, et non pas à cacher.

 

 

Journaliste, chroniqueuse, cheffe d’entreprise, passionnée de mode et de cuisine… D’où viennent ces appétits pluriels ?

  

« Ma passion première a toujours été l’écriture. Puis j’ai rencontré des gens qui travaillaient dans la radio. Ça m'a fascinée et j’ai voulu tenter. J’ai adoré. Plus tard, même chose avec la télé : j’ai essayé, et ça m’a plu. Tout s’est fait très naturellement, je vois ça comme des suites logiques.  »

 

Ma curiosité et ma soif d’apprendre sont mes moteurs. Lorsque je fais face à un monde inconnu ou à une compétence que je n’ai pas encore, je n’ai qu’une envie : m’y essayer, pour apprendre.

     

« En France, on stigmatise parfois ceux qui, comme moi, assument plusieurs casquettes professionnelles. On préfère les cases, les statuts fixes, gravés dans le marbre. Je vois les choses différemment : j’estime que mes différents domaines d’expertise, mais aussi mon multiculturalisme, sont des atouts qui me permettent de voir le monde et la société à travers des prismes inhabituels, plus nuancés. Aujourd’hui, je me considère comme une entrepreneuse des médias plutôt que comme une journaliste, car mon champ d’action est plus vaste.  »

 

Je ne ressens plus le besoin d’essayer d’être quelqu’un d’autre.

 

 

Si on te disait que tu devais choisir entre la télé, la presse et l'entrepreneuriat, que répondrais-tu ?

 

« Je demanderais d’abord “pourquoi”. Certains perçoivent la télévision, la presse, un podcast ou un talk comme des plateformes et des métiers radicalement différents, alors que je les trouve assez semblables. Mon travail est d’analyser la société à travers ses tendances. D’observer les mouvements émergents et d’expliquer en quoi ces derniers racontent quelque chose de notre époque. J’adapte ensuite mon message pour les différents supports sur lesquels je travaille, mais pour moi, il s’agit toujours du même métier.  »

         

 

Une journée type, ça ressemble à quoi ?

 

« Comme beaucoup d’indépendants, je n’en ai pas vraiment, mais il est très important pour moi d’avoir des routines. La salle de sport le matin, suivie d’une réunion avec un client, un journaliste, une autre agence… Après ça, je me rends au bureau pour répondre à mes emails, avancer sur les projets de l’agence, lire des articles... Ensuite, direction Canal+ pour mon émission, avant de repasser par le bureau et de rentrer à la maison. La seule constante, c’est que je fais tout à vélo. »

  

 

Est-ce que tu milites pour des causes qui te tiennent à cœur ?

 

« Je pense être engagée, mais je ne me définirais pas comme militante. Pour moi, l’activisme, ça se passe d’abord sur le terrain, et ça va plus loin qu’un carré noir ou bleu posté sur les réseaux, c’est un effort quotidien de prendre en compte les expériences et spécificités de chacun. Et de les appliquer dans sa propre vie, à sa petite échelle. L’engagement se traduit partout, tous les jours, et pas seulement lorsqu’il est visible et donc, performatif. »

 

« En tant que fille d’immigrée, les mouvements antiracistes et féministes me tiennent à cœur. Ma mère est née dans la forêt équatoriale, au Cameroun. Mon père dans un petit village, au Maroc. J’ai grandi en France. Je trouve donc très positif qu’on n’ait plus peur de se dire féministe ou d’apporter son soutien à des mouvements comme Black Lives Matter. »

  

Parmi mes engagements, il y a aussi beaucoup de choses sur lesquelles je préfère ne pas me prononcer : j’ai besoin de temps pour réfléchir, pour assimiler, pour me positionner. Ou pour décider de me taire. Ça peut sembler anachronique, dans un monde où l’immédiateté est valorisée, où on cherche toujours à être le premier. Mais il me semble important de continuer à prendre le temps, ne serait-ce que pour écouter ce que d’autres ont à dire.

    

 

Tu as toujours été sportive ?

 

« Pas du tout. Mais maintenant, j’adore ! Je trouve dommage que l’éducation sportive, à l’école, ne soit pas plus centrée sur le bien-être et sur le rapport que l’on entretient avec nos corps. Souvent, on évalue une performance, et pas le plaisir que l’on prend à faire du sport ou notre progression. Ma vision de l’activité physique en a longtemps souffert. »

  

« Puis j’ai rencontré mon entraîneur, Steve Delaval, co-fondateur du club parisien Le Labo. Avec lui, nos séances ne se ressemblent jamais, c’est toujours la surprise. Je cours, je rampe, je pédale, je saute… et je ne peux plus m’en passer. Je suis incapable de gérer mes semaines sans mes deux ou trois sessions de sport hebdomadaires. »

  

Le sport a profondément changé la perception que j’avais de mon corps. Je sens désormais que mon corps m’appartient, que c’est un allié.

 

  

Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?

 

« Celles et ceux qui n’ont pas peur de défendre leurs convictions. Dans le monde des médias, beaucoup de personnalités influentes hésitent parfois à prendre parti, de peur de diviser leur audience. J’ai du mal à comprendre cet état d’esprit et suis donc assez vocale lorsqu’il s’agit de défendre mes idées. »

  

« Parmi mes role models, je peux citer Rokhaya Diallo, journaliste antiraciste et féministe, ou encore Christiane Taubira, femme politique qui a défendu le mariage pour tous. Cette dernière est également autrice : j’adore son style d’écriture, comme une ode à la langue française. J’admire aussi des activistes emblématiques, comme Assa Traoré, figure de proue de la lutte contre les violences policières en France. »

  

« Mais aussi, à travers le monde, Michelle Obama, Serena Williams (que j’ai eu la chance d’interviewer lors de son passage à Paris en 2019, un moment gravé dans ma mémoire) sans oublier Rihanna, Adèle Haenel (actrice féministe, visage du mouvement #MeToo en France) ou Sophia Roe (cheffe et styliste culinaire new-yorkaise qui milite pour la justice alimentaire). »

  

Ce sont les femmes « libres » qui m’inspirent.

  

« Elles ont en commun une forme d’indépendance qui dépasse l’activité qu’elles exercent. Elles sont profondes, multifacettes, et défendent leurs convictions sans se préoccuper de ce que les autres pensent. Elles ne jugent personne. Elles tirent les autres vers le haut. Ce sont de véritables modèles, en ce qui me concerne. »

  

 

As-tu une philosophie de vie ? 

 

« J’essaie de rester humble et de profiter de la vie, où qu’elle mène. Je me sens reconnaissante d’être là où j’en suis, d’avoir une voix quand d’autres n’en ont pas, ou qu’elle est minorée. J’ai énormément travaillé pour en arriver là, mais il y a toujours une part de chance dans toutes les trajectoires. Pour ma part, j’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts sur le monde et curieux, de naître dans un pays qui m’a fait une place, d’avoir un corps capable de me porter. J’évite également de prendre personnellement les commentaires négatifs que je reçois parfois, notamment lorsque je traite de thématiques militantes. Il y aura toujours des gens pour juger mon travail ou pour dénigrer une prestation. Mais mon seul mètre étalon, c’est le mien. Je suis satisfaite quand j’ai donné le meilleur de moi-même. »

 

Je rêve d’un monde plus empathique, moins individualiste. On ne sait jamais ce que traversent les autres, ce qui les a conduits là. Mon métier est justement d’entrer en contact avec les gens, de les faire sourire, réfléchir, voire de leur apprendre quelque chose.

 

Tu arrives à prendre du temps pour toi ?

 

« Avec mes projets, j’ai parfois du mal à prendre le temps de me détendre. Le souci, si c’en est un, c’est que j’adore travailler, que ce soit au bureau ou en plateau. Je suis passionnée par ce que je fais. J’apprends donc peu à peu à prendre du temps pour moi, sans me sentir coupable. »

 

« J’essaie de trouver un équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Ma santé mentale en dépend ! Je prends le temps de voir des amis, de me faire masser, de cuisiner un bon plat… Ou tout simplement de rester sur mon canapé à lire et à écrire. »

 

Nous sommes bien plus que la somme de nos accomplissements professionnels. Et j’ai parfois l’impression que ma génération n’a pas encore trouvé d’autre manière de se faire entendre qu’en montrant ce qu’elle produit.

    

 

C’était comment de rencontrer Roger Federer, puis de travailler avec lui au lancement de la ROGER Centre Court ?

 

« Passionnant, stressant, fou. Une occasion unique et un rêve pour beaucoup de journalistes. C’était l’une des expériences les plus difficiles de ma carrière, mais aussi la plus constructive, car filmée en direct, avec des imprévus, et beaucoup d’intervenants à gérer. Inutile de préciser que Federer est un être humain d’une gentillesse exceptionnelle, en plus d’être l’un des plus grands athlètes de tous les temps. L’expérience était donc aussi merveilleuse et terrifiante que de sauter d’une falaise. J’ai beaucoup de reconnaissance envers On et Roger de m’avoir fait confiance pour me permettre à moi, jeune journaliste, de vivre cette expérience.« »

  

Sur le set, Roger a dit bonjour à tout le monde, et a déjeuné avec le staff en faisant la queue au food truck... Il a même demandé s’il pouvait s’asseoir à notre table. Il est profondément altruiste.

 

Tu portes la Cloudnova en ce moment. Comment les trouves-tu ? 

     

« Oui, je les ai eues quelques semaines avant d’animer THE ROGER. C’est ma première paire de On. Je les ai vues en boutique et je connaissais déjà la réputation de la marque en matière de confort et de technologie. Les Cloudnova n’ont pas fait mentir la réputation de la marque : le confort est au rendez-vous. »

  

« La semelle n’est pas complètement plate, j’ai donc la sensation d'être toujours en mouvement quand je les porte. Je les ai mises tout l’été. Je suis partie en Grèce avec rien d’autre qu’une paire de sandales et mes Cloudnova. Depuis, je les porte au bureau, en rendez-vous… elles collent parfaitement à ma façon de voir la vie : avec dynamisme, versatilité et agilité. »

     

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