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Réussir un ultra-trail en équipe

215 kilomètres. 29 relais. 2 jour. 1 nuit. La Run Mate du Lac Léman est une question de chiffre comme le Marais Running Club a pu le constater. Un enchaînement réglé comme du papier à musique.

 

C’est avec Valentin Vuarnet du MRC que nous avons découvert les temps forts - et les nombreux obstacles - de cette première édition de la Run Mate, la première course ultra-trail autour du Lac Léman.

 

Comment se sont passés les préparatifs de la Run Mate ? Et votre ressenti avant le départ ? 

On court régulièrement avec le club à Paris et donc avec nos membres, mais également lors de sessions plus spécifiques, en plus petits groupes (voire seuls) pour préparer certaines courses. Pour la Run Mate du Lac Léman, nous étions assez sereins de part le fait que l’on connaissait bien la région, les villes et villages de points relais, les reliefs, les passages à priori difficiles…

 

On est arrivé à Thonon-Les-Bains la veille. Manger, s’étirer, méditer et dormir sont autant de préparatifs d’avant course que l’on a entrepris. Ce que nous n’avions pas envisagé c’est que le comité d’organisation de la course avait prévu un parcours beaucoup plus « trail » que « route » : on connait bien le tour du lac pour l’avoir fait à vélo mais pour Run Mate, les organisateurs ont en fait planifié beaucoup d’étapes off-road dans les bois, à travers les vignes, sur des chemins boueux… on été carrément surpris pour tout dire (rires) !

 

 

Aviez-vous défini une stratégie pour cette course ?

Nous nous sommes répartis les kilomètres le plus équitablement possible en prenant compte les dénivelés. L’objectif était de terminer cette course tous ensemble, avec le sourire et de profiter du paysage de cette région magique. Nous avons tous couru 4 à 5 relais chacun, soit un total de 37 kilomètres chacun ; c’est une étape toutes les deux heures environ, ce qui n’est pas de tout repos sur un peu moins de 20h de course.

 

Comment vous êtes-vous départagés les étapes ?

Nous avons pris cette décision quelques semaines avant la course en fonction de la forme physique (et morale) de chacun. Nous connaissions les distances de chaque relais, les dénivelés ; et comme nous venons tous de la région, nous avons aussi tenu compte des volontés de chacun de traverser le village de son enfance, où nos familles et nos amis nous attendaient pour nous soutenir. Au final tout s’est fait assez naturellement !

 

 

Le moment le plus difficile ? 

Courir de nuit, sans aucun doute !  Il faisait froid, la fatigue prenait le dessus. C’était très dur de prendre son 3ème relais à 3h du matin en plein milieu de l'arrière-pays suisse, alors que le reste de l’équipe somnolait dans le van…

 

Mais au final, quand on se mettait à courir, l’air frappait sur nos visages, on se remettait dans l’action, on ne réfléchissait plus, et on fonçait pour l’équipe. 

 

Quels étaient les obstacles les plus prenants sur cette course ? 

Il y en avait plusieurs à vrai dire et le tout était d’arriver à les gérer simultanément. L’enchaînement des relais (8 – 9km en moyenne, 4 à 5 fois, environ toutes les 2h), se remettre dans le bain, réveiller son corps alors que l’on venait de courir 2h auparavant, s’échauffer, changer de vêtements sont autant d’étapes qu’il fallait savoir gérer pendant 20h de course.

 

Nous sommes partis vers 16h15 le samedi 28 octobre; nous avons couru toute la nuit pour arriver vers 11:30 le lendemain matin. Puis il y avait les phases repos dans un van qui roulait toute la nuit pour suivre la course. Il y avait aussi les ravitos car primordial de reprendre des forces - mais pas trop non plus sinon mauvaise digestion et donc gêne pour le prochain relais. Mais tout cela, nous l’avons vécu ensemble sur 215km, avec la volonté d’aller jusqu’au bout. Donc c’était vite oublié ! 

 

 

Comment décrirez-vous votre ressenti physique et moral ?

Physiquement c'était très intense, notamment avec la répétition des segments, les écarts de température, un itinéraire parfois plus coriace qu’on ne s’y attendait. Le manque de sommeil qui accentuait le tout. Tout cela joue énormément sur le ressenti émotionnel et il faut avoir un moral d’acier pour aller jusqu’au bout. J’ai personnellement le souvenir de quelques visages très marqués et de propos un peu extrême à l’arrivée des étapes comme « jamais je ne pourrai en refaire un », « je passe mon tour sur le prochain », « on abandonne tout ! »(rires). Mais au final, nous y sommes bien arrivés !

 

Les temps forts ? 

Le parcours, qui nous a tous surpris d’ailleurs car il ne suivait pas exactement la route du bord du lac. Nous sommes passés à travers des champs, des forêts et des vignes ; quelle différence avec nos sentiers parisiens ! L’organisation était elle aussi impressionnante : un vrai bonheur de retrouver des bénévoles motivés et de bonne humeur à 2h du matin, au coin d’un feu en lisière de forêt, qui servaient de la soupe chaude et jouaient de la musique ! 

 

Comment vous êtes-vous soutenus les uns les autres ?

Notre équipe est très soudée de base de part notre amitié de longue date, le fait qu’on évolue aujourd’hui encore tous ensembles dans nos vies respectives ; c’est un vrai avantage.

 

Connaissant les points forts et les limites des uns et des autres, nous avons su s’encourager de façon très personnelle. 

 

Pour la dernière étape par exemple (plus de 12km à travers les vignes sous le soleil de midi et un fort dénivelé),  c’est Anthony qui a couru et nous savions qu’il était à bout ; Florian est descendu du van pour courir les six derniers kilomètres avec lui en l’encourageant. Puis Maxence a pris le vélo pour les rejoindre sur les deux derniers kilomètres avant l’arrivée. Et enfin nous avons tous couru ensemble avec Anthony sur le dernier kilomètre jusque la ligne d’arrivée.

 

 

Quant au kit marathon On : qu’est-ce qui vous a plu le plus ? 

Nous n’aurions pu demander meilleur équipementier !  Il y avait d’importants écarts de température sur la Run Mate (6°C dans les bois en pleine nuit, 24°C à l’arrivée à Vevey). Notre meilleur outil pour affronter cela ? Notre coup de coeur, La Weather Jacket, qui nous permettait de maintenir la chaleur corporelle quand nous en avions le plus besoin. Le Performance-T lui aussi a tenu ses promesses de légèreté et de respirabilité sur les étapes plus ensoleillées. 

 

Quant aux chaussures, c’est avec la Cloudstratus que nous avons couru. Bon grip, excellente stabilité et retour d’énergie garanti. Par ailleurs, nous avons eu la chance d’être équipés de la gamme “Comfort” (Comfort-T, Comfort Long-T, et Sweat Pants) qui rassemble tout ce que l’on peut faire de mieux en vêtements pré ou post course : légèreté. souplesse et style.

 

Cloudstratus
Un maximum d’amortis et de soutien pour des courses sur route plus longues. La première chaussure dont la technologie Cloudtec® est doublée. Pour courir deux fois plus longtemps.
A découvrir.

 

Le ressenti à l’arrivée ? 

Emus, heureux, courbaturés ! C’est notre région et terminer ces 215k tous ensembles sur un projet que l’on a monté pendant six mois, il y avait de quoi lâcher une petite larme ! Agréablement surpris aussi de nos résultats puisque l’on a terminé 17ème sur 133 équipes classées dans notre catégorie. 

 

Comment est-ce que vous avez fêté cette victoire ? 

Nous avons fêté cette course en deux temps. Tout d’abord à Vevey, sur le village de la Run Mate juste après la course, autour d’une bière (bien méritée !), d’un repas copieux et d’une baignade dans le lac à 18°C. Par la suite, nous sommes rentrés à la villa que nous avions loué dans l’après-midi dans les hauteur de Montreux ; tout le monde a pu faire une sieste de quelques heures et nous avons terminé la soirée en admirant un super coucher de soleil sur la lac tous ensemble. Nous avons également reçu la visite de quelques amis qui habitent la région ainsi que la visite du club de running lausannois DNH que nous connaissons bien.  

 

En retraçant votre course et la période de préparatifs, qu’est-ce que vous auriez fait différemment ? 

Sans doute des entraînements beaucoup plus axés sur le dénivelé. Cela nous aurait peut-être permis d’éviter quelques moments de souffrance voire de détresse ! (rires). Je pense que mentalement, nous étions sereins et prêts pour cette course ; nous l’attendions depuis six mois ! Et les détails de l’organisation (pourtant assez conséquente avec toute la logistique qu’une course de 215km en relais à 6 implique) étaient réglés comme du papier à musique : nous étions nous-même surpris de la fluidité de notre planning organisation. 

 

 

Qu’est-ce que vous diriez à un club de running qui souhaiterait participer à la prochaine édition l’an prochain ?

Qu’il ne faut pas y réfléchir deux fois et s’inscrire le plus rapidement possible ! Par la suite, prendre le temps de mettre en place l’organisation de la course, les entraînements, et plus généralement de de définir toutes les options possibles qui s’offrent à vous. La pression monte forcément lorsque la date approche, mais si l’on s’y prend à l’avance, le reste se déroule tout naturellement. Bien faire attention au parcours de la course aussi (les dénivelés, les relais off-road. La Run Mate reste une course sportive et physique ! 

 

Quel est le prochain défi pour le MRC ? 

Reprendre nos sessions hebdomadaires à Paris avec nos membres - qui reste un rendez-vous immanquable - et donc continuer à s’entraîner pour être à même de se lancer d'autres défis de ce genre. Nous avons aussi prévu d’être présent sur les grandes courses et marathons en France et en Europe. Nous vous tenons informés bien évidemment ! 

 

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