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Les hauts et les bas de l’ultramarathon : Kirra Balmanno

Kirra Balmanno vit une incroyable double vie. En hiver, cette australienne travaille comme vétérinaire au Royaume-Uni. Quand arrive l’été, elle rejoint les Alpes suisses en camping-car pour courir parmi les trails les plus durs au monde. En 2017, elle a remporté l’Utra Tour Monte Rosa de 116 km. Mais selon Kirra, l’ultramarathon est bien plus qu’une simple victoire.

Kirra, La Suisse est une deuxième maison pour toi maintenant. Qu’est-ce qui t’a attirée vers les Alpes suisses au début ?

Kirra Balmanno : J’ai déménagé de l’Australie vers le Royaume-Uni il y a deux ans pour exercer ma profession de vétérinaire. Pendant ma première semaine là-bas, mon ami d’Australie allait en Suisse et m’a invitée à le rejoindre pour une semaine de course dans les montagnes. J’y suis allée et suis immédiatement tombée amoureuse du pays, des trails, du paysage et de la culture. Je suis retournée au Royaume-Uni et j’ai programmé mon prochain vol vers la Suisse dans la foulée. Depuis je fais des allées et venues.

 

L’Australie n’est pas particulièrement renommée pour ses montagnes. D’où vient donc cet amour pour la course en montagne ? 

Je ne suis pas vraiment sûre. Ma mère et mon père ne sont pas vraiment très montagne et en Australie nous n’avons même pas de haute montagne. Mais quand j’ai déménagé ici [en Europe], je suis tombée amoureuse. La course en montagne offre tellement de liberté. Les montagnes me procurent de l’énergie et me donnent l’impression que rien n’est si grave, nous sommes si infimes et les montagnes sont si grandes que tous nos soucis semblent insignifiants.

 

Comment es-tu devenue quelqu’un qui aime courir 100 km ?

J’ai commencé à courir au lycée et j’ai fait beaucoup de cross-country. J’ai suivi sur ma lancée et des semi-marathons je suis passée à un marathon puis maintenant aux ultramarathons.

 

J’ai toujours aimé les sports d’endurance et je me suis toujours sentie mieux sur des longs évènements que sur des rapides. J’adore le défi et l’ultramarathon est pour moi courir de longues distances dans un lieu que j’aime : la montagne.

 

Je pense que les marathons me demandent plus d’effort qu’un ultramarathon. Je préfère aller un peu plus lentement mais sur un terrain très technique et un trail très varié. Beaucoup de hauts et beaucoup de bas. Sur une course plus longue, tu passes par des hauts et des bas et c’est là que tu commences à te trouver. 

 

Tu es co-gagnante de l’UTMR de l’année dernière. Raconte-nous la course et comment, après 116 km, tu as franchi la ligne d’arrivée précisément en même temps qu’une autre participante. 

Oui, ma partenaire suisse de course Corine Kagerer et moi-même avons franchi la ligne d’arrivée ensemble, et avons remporté la course féminine au bout d’environ 27 heures [le duo a fini neuvième au classement général].  

 

Corine et moi nous sommes égarées en course l’année dernière. Nous avons affronté ensemble un temps très capricieux au sommet du Monte Moro, c’est pourquoi nous avons décidé de venir et finir ensemble. 

 

Pour moi, l’ultramarathon n’est vraiment pas une question de victoire cependant. J’ai remporté beaucoup de courses et c’est un sentiment agréable, mais j’aime vraiment me lancer des défis et je pense que la plus grande progression est justement de ne pas remporter une course. J’en apprends peut-être plus sur moi, sur mon corps, sur mon entrainement et sur mon mental lorsque je ne gagne pas. J’en apprends plus sur mes pistes d’améliorations, sur ce qui me rendrait plus compétente en tant que coureuse.

 

Si tu donnes le meilleur de toi-même et que tu repousses vos limites, plus loin que tu ne penses en être capable, alors tu as gagné.

 

Est-il possible de repousser tes limites sur l’UTMR de cette année ?

J’aborde la course de cette année avec plus d’expérience car j’ai maintenant participé à des évènements de plus de 100 kilomètres et je connais la course. J’ai également suivi un entrainement plus spécifique pour la course cette année : beaucoup de verticales, beaucoup de course en montagne et beaucoup de randonnée.

 

Mon programme d’entrainement est très libre. J’aime écouter mon corps. Donc si je me blesse, je fais une pause, mais j’aime passer en général deux grosses journées en montagne dans la semaine. J’y passe donc cinq à dix heures. Ca peut être de la course et beaucoup de randonnée également, puis le reste de mon entrainement de la semaine est plus court, ce sont des sessions plus intenses et beaucoup de montées. Je complète également mon entrainement avec du yoga et de la musculation, ainsi que beaucoup d’étirements.

Qu’est-ce qui rend l’atteinte d’un sommet si attrayante ?

Atteindre un pic est agréable, je ne sais pas exactement pourquoi, mais je pense que c’est le fait de réussir un objectif. Peut-être que les défis mentaux qu’il faut relever, ou l’immersion dans la nature te procurent ce sentiment incroyable. Mais le trail, ce n’est pas toujours atteindre les plus hauts pics, c’est ce sentiment qui te parcoure lorsque tu cours dans la nature. 

 

Atteindre le sommet d’une montagne est une expérience qui rend humble. Les montagnes sont si grandes et la nature tellement puissante. De manière générale, je pense que le trail fait de moi une personne plus calme et plus heureuse. Quand tu cours un trail, il y a cet endroit spécial, technique et fluide, qui t’amène quasiment à un état de méditation. Tu vis complètement l’instant présent. Tu finis ta course et tu sens que tout te parait beaucoup plus clair, c’est comme une forme de méditation.

Comment gères-tu le défi émotionnel qui t’accompagne lorsque tu dois repousser tes limites sur un ultramarathon ?

Quand tu es en difficulté, il te suffit de croire que tu vas t’en sortir. Tu n’es jamais au même endroit trop longtemps, physiquement ou mentalement. J’essaie de rester positive et de penser positif. 

 

Je me concentre sur ma gratitude, je suis reconnaissante d’avoir un corps puissant et en bonne santé qui me permet d’aller en montagne et de repousser mes limites. 

Tu as passé l’été dernier dans un van à documenter tes trails. Qu’as-tu appris de cette expérience ?

Oui, je travaille l’hiver en général donc je peux m’amuser en été. J’ai vécu dans la nature dans les Alpes l’été dernier, j’ai voyagé avec mon van et couru en montagne. J’ai fait équipe avec les gars de Alps Insights et j’ai fait quelques courses pour un livre sur le trail qu’ils faisaient dans les Alpes suisses. C’est une expérience incroyable et j’ai pu courir parmi les plus beaux trails au monde je pense. J’ai beaucoup appris sur la course en montagne. J’ai appris à courir sur des glaciers et escalader des via ferrata. Oui, j’ai appris à partir courir toute la journée et ne compter que sur moi-même et un petit sac.

 

Tu as couru sur des glaciers ? 

Oui, c’est possible sur certains glaciers si tu sais comment ils sont et où se trouvent les crevasses – et si tu es avec des gens qui savent ce qu’ils font. Il faut être prudent. Tu as absolument besoin de bâtons et de ne pas partir seul. C’était effrayant mais également excitant d’être si proche de ces éléments incroyables de la nature. 

 

Quand tes objectifs incluent de tels risques, as-tu peur de ne pas réussir à les atteindre ?  

Je pense que tous ceux que je me fixe sont des objectifs que je ne suis pas sûre à cent pour cent de réussir. C’est ce qui rend ces objectifs spéciaux – nous devons évoluer pour les atteindre.

 

On est le sponsor titre de l’Ultra Tour Monte Rosa (UTMR) 2018, qui a lieu du 5 au 8 septembre. Réputé comme l’un des plus beaux ultramarathons au monde, le trail traverse les Alpes suisses et italiennes, encerclant l’un des plus grands massifs montagneux d’Europe. Avec trois options de course : La course par étapes sur quatre jours, l’Ultra 3Passes de 100 km or l’Ultra Tour complet de 170 km - l’UTMR a quelque chose à offrir à tous les coureurs de trail expérimentés.

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